Production mondiale de ballons de foot

Dernière mise à jour: 17.11.19

 

57 000 000, c’est le nombre de ballons de football fabriqués chaque année dans le monde soit 1,8 ballon par seconde. Et 70% de cette production se fait au Pakistan. Ce taux se voit s’accroître lors des saisons de Coupe du monde. En effet, à ces périodes-là, on peut atteindre les 60 000 000 d’unités dans ce même et seul pays et dont la majorité est fabriquée dans la ville de Sialkot qui est située au nord de la Province de Pendjab.

 

Des ballons made in Pakistan

Cette histoire a commencé il y a 100 ans lorsqu’un Pakistanais a remis en état le ballon d’un militaire colonialiste britannique. Il y a à peu près dix ans, une bonne journée de travail équivalait à six ballons à hauteur de 50 centimes d’euro par ballon cousu.

En faisant quelques calculs, le salaire moyen dans cette partie du Pakistan est de 1000 euros par an soit environ le double du salaire moyen dans le reste du pays. Mais cette belle image de progrès est ternie par le fait que vers la fin des années 90, 7 000 enfants travaillent comme main-d’œuvre pour confectionner ces fameux articles de sport. Il a été raconté que ces mineurs s’activaient à coudre des ballons dans des locaux bâtis en briques, assis par terre pendant dix à douze heures par jour.

Plusieurs médias; notamment CBS, ont dénoncé les leaders des équipements sportifs qui feraient travailler des enfants au Pakistan dans des conditions dramatiques. En mai 1996, la Fédération internationale des textiles, du vêtement et du cuir accuse ces entrepreneurs pakistanais de disposer de «chambres punitives» dans leurs locaux où ils suspendraient par les pieds les petits entre 6 et 10 ans qui commettraient des erreurs ou en cas de manque de respect. Des accusations désavouées par les grandes firmes multinationales.

 

 

Une main d’œuvre enfantine qui fait grincer les organismes humanitaires

Selon le témoignage d’un chef d’atelier, il y a en moyenne 50 enfants par usine pour toutes sortes de tâches déplaisantes. La responsabilité des grandes firmes multinationales telles que Nike, Adidas a été dissimulée par le système des sous-traitants mais l’affaire éclate en 1996.

Par la suite, des accords ont été signés dans lesquels les patrons s’engagent à développer un programme promettant à éradiquer le travail des enfants qui ont moins de quatorze ans dans la région de Sialkot. Un système de contrôle interne aux manufactures et un organisme indépendant vérifieraient l’application de cette nouvelle règle. Des personnes comme des chargés d’éducation ont soulevé le problème des syndicats qui sont peu présents dans cette région.

Et pourtant le taux de travail d’enfants est relativement plus faible dans les zones où il y a plus de syndicats indépendants. Il faut savoir que lorsqu’on parle de délocalisation, les firmes des articles de sport posent toujours des problèmes de violation des droits fondamentaux. Mais des remarques nous laissent quand même sans voix lorsqu’un gros exportateur pakistanais a soutenu que travailler dans les usines pour la production de ballons n’était pas un travail forcé mais une participation volontaire. Et aider les parents à la tâche était fidèle à leur culture. Cependant, même si les entreprises produisant des accessoires sportifs manquent de main d’œuvre depuis que le travail des enfants a été aboli, les enfants pakistanais qui travaillaient autrefois dans les fabriques de ballons se retrouvent exploités aujourd’hui dans la fabrication de briques.

Au Pendjab, les briqueteries emploient 2 à 4 millions de personnes dont une large proportion d’enfants. C’est ce qui arrive souvent dans les pays pauvres où beaucoup d’enfants n’ont pas accès à l’éducation. Et surtout lorsque ce sont vos propres parents qui vous obligent à vous mettre à la tâche dès votre plus jeune âge.

Essayer de convaincre les parents de sortir leur progéniture de cette situation regrettable n’est pas chose facile car pour beaucoup de familles cela signifiait perdre un revenu supplémentaire et d’autres considéraient même cela comme une bonne formation pour l’avenir. Mais avec le travail de l’OIT  qui a commencé à lancer un programme de sensibilisation avec des affiches montrant les dangers du travail des enfants, les adultes ont commencé à modifier leur représentation du travail des enfants. Cela s’est fait lentement et progressivement.

 

 

Les coulisses de la fabrication du «Brazuca», le ballon officiel de 2014

Lors de la Coupe du monde de 2014 au Brésil, c’est le Pakistan qui fournira les ballons utilisés durant les 64 rencontres. C’est l’entreprise Forward Sports qui a pris racine à Sialkot et qui est dans la confection de ballons depuis le milieu des années 1990 qui a obtenu le contrat proposé par le géant Adidas.

Au départ, la production intégrale du ballon officiel du Mondial 2014 devait se faire en Chine mais les coûts de production sont plus attractifs au Pakistan où l’on paie chaque employé 74 euros par mois pour huit heures de travail journalier en faisant six jours par semaine. 1800 ouvriers et ouvrières s’attèlent à la tâche pour pouvoir sortir en temps et en heure le «Brazuca» qui est le douzième modèle officiel.

Les femmes voilées s’y consacrent tout autant que les hommes en mettant les bouchées doubles à l’approche du match d’inauguration. Elles auront à coller les six faces en polyuréthane hélicoïdales sur la membrane de caoutchouc et doivent livrer une centaine de balles par heure. Avec un prix de vente de 140 euros pour le ballon officiel,  cela laisse à Adidas une belle possibilité de marge. Mais cela n’empêchent pas à ces femmes pakistanaises d’être impatientes de regarder le premier match pour voir le produit de leur travail laborieux et pour lequel elles sont fières d’y avoir contribué.

Cependant, les femmes s’employant à domicile sont les plus mal rémunérées et sont continuellement menacées de perdre leur gagne pain en cas de grossesse. Par ailleurs, en 2010, selon un rapport de l’International Labor Rights Forum (ILRF) les industries pakistanaises emploieraient toujours des gens mineurs malgré l’engagement qui a été fixé dans l’Accord d’Atlanta en 1997 et que les sinistres conditions de travail étaient toujours d’actualité.

 

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