Le snowboard : le revers de la médaille

Dernière mise à jour: 22.08.19

 

Le snowboard et particulièrement le freestyle connaissent la crise en ce moment, contrairement à des sports qui ne se sont jamais aussi bien portés comme le foot. En effet, de nombreux champions n’arrivent pas à en vivre uniquement, ce qui les décourage, et ceux qui veulent se construire une carrière de cette discipline de se lancer. Ci-dessous, nous vous expliquons davantage ce qu’il en est, et ce que l’avenir pourrait réserver à cette activité.

 

Qu’est-ce que le snowboard freestyle exactement ?

Le snowboard, comme tout le monde le sait consiste à glisser sur la neige à l’aide d’une planche. Différentes disciplines en découlent dont la moins suivie par les médias le freestyle et découverte vers les années-70. Ici, il est question d’effectuer diverses figures libres. Il est possible de se servir de tremplin ou pas. Là encore, plusieurs subdivisions ont vu le jour pour ne citer que le big air, le step-up, le waterside, le wall, ou encore le kicker. Vous avez également toute une panoplie de mouvements : les tricks, les grabs, mute, stalefish, japan air, 180, 720 pour les rotations, et bien d’autres.

Les figures sont libres, mais elles sont notées sur leur degré de technicité. Si un rider veut impressionner le jury, il fait aussi bien de soigner son style et son look.

Cette version ne se pratique pas n’importe où. Il existe des zones spécifiques à savoir les snowparks et le hors-piste. Pour la pratiquer, vous aurez besoin d’une planche freestyle symétrique, et twin-tips. Il est à préciser que différents modèles de formes et dimensions variées sont présents sur le marché en fonction du type de snowboard.

 

 

Quelques actualités sportives pour commencer

Pour l’année 2019, plusieurs événements de taille attendent les riders, dont les bankeds slaloms. Le Freeride World Qualifier se déroulant à Nendaz, dans le Valais, en Suisse, occupe aussi les esprits. À l’issue de ce tournoi, les juniors pourront également se qualifier au championnat belge 4*.  Vu comment les choses se passent, Cody Bramwell (6550 pts) et Timm Schröder (5150 pts) se disputent la palme. Parmi les 10 premiers hommes qualifiés, on compte Benjamin Ewens en troisième position. Pour la catégorie femme, le podium est pour l’instant tenu par la Suissesse Linda Schmitter loin devant avec 5100 pts, l’Australienne Michaela Davis-Meehan en second avec 4600 pts, et l’Espagnole Nuria Castán Barón juste en dessous avec 4500 pts. Après une écrasante victoire en 2018, il ne s’est pas relâché et compte rafler à nouveau la mise cette année

 

Le fond du problème

En snowboard freestyle, les athlètes ne sont pas sponsorisés ou le sont, mais à moindre mesure. Beaucoup se plaignent de ne pas pouvoir en vivre. Ils doivent en partie financer eux-mêmes les tournois, les séjours, et même la location des locaux d’entraînement. Mais vu le temps que tout cela leur prend, il est difficile de trouver un emploi décent qui jongle facilement avec cette activité. Du coup, les athlètes sollicitent souvent l’aide de leurs proches.

Cela vient surtout du fait que rares sont les compétitions et les épreuves connues du public et donc des sponsors. Pourtant ce n’est pas tout le monde qui participe à des événements de grande envergure comme les Jeux Olympiques comme Chloe Kim ou qui est entièrement pris en charge par les clubs. C’est en effet les seuls à faire remporter une dotation correcte de 22 000 euros aux champions. Là encore, s’ils doivent assister à une compétition à l’étranger, les choses se compliquent et beaucoup n’ont pas les moyens de débourser dans les 10 000 euros à chaque saison.

Et même si vous vous retrouvez sous les feux de la rampe pendant un temps, vous vous faites souvent éclipsé par de nouveaux arrivants pour retourner dans l’anonymat. Ce sport exige ainsi un effort constant de chacun pour rester au top.

 

Le coût de l’investissement pour le sportif

Les actuels champions de snowboard à la une ne connaissent que trop bien les nombreux sacrifices et les efforts herculéens réalisés dans l’objectif de percer dans cette discipline et de devenir les meilleurs pour un tribut pas toujours à la hauteur des espérances. Les snowboarders professionnels font partie des rares sportifs à payer de leur poche leur réussite comme le témoignent Jaelin Kauf et bien d’autres. Elle affirme en effet avoir dû sortir le portefeuille à chaque tournée internationale, voyage, compétition, et même entraînement. Pierre Vaultier quant à lui souligne le fait qu’il est très dur de commencer en snowboard freestyle pour des jeunes qui n’ont pas de situation professionnelle stable. Encore faut-il pouvoir allier cette dernière à la pratique de ce sport.

Il n’y a pas que sur le plan financier que les amateurs de cette activité rencontrent des difficultés. Ils s’entraînent toute l’année et enchaînent les préparations, les compétitions et les transitions. L’entraînement se révèle des plus sélectifs également. On travaille sur la neige, mais surtout en dehors au début. Et le plus tôt sera le mieux. L’âge limite pour entrer en haut niveau se est de 18 ans. Il faut donc déjà avoir un socle où apprendre les bases, avant de se lancer dans les mouvements spécifiques. Ce n’est qu’après avoir passé toutes ces étapes que le snowboarder pourra entamer sa formation de haut niveau.

 

 

Comment alors percer dans le snowboard freestyle ?

En résumé, pour bien se porter dans ce sport, pensez à trouver le budget estimé par saison au début de la carrière jusqu’aux compétitions d’élites. Ceux qui n’ont pas eu la chance d’être nés avec une cuillère en argent dans la bouche devront trimer pour se faire recruter par des clubs. Et là, la technique et le savoir-faire ne suffisent pas. Comme tout bon marketing, il faut séduire l’intéressé et lui en mettre plein les yeux. En plus de vos sauts, travaillez alors votre sociabilité et votre personnalité.

Sinon, vous pouvez toujours contracter avec les douanes ou l’armée afin de pouvoir joindre les deux bouts et plus encore comme l’a fait Bastien Midol, caporal et champion du monde en skicross. Mais là encore, ce n’est pas donné à n’importe qui.

 

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