Gilbert : le ballon ovale par excellence

Dernière mise à jour: 22.09.19

 

Le rugby se démarque entre autres de certaines disciplines sportives par la forme de son accessoire principal : le ballon ovale. À l’origine de cette invention se trouve un cordonnier britannique qui fournissait les pratiquants des collèges de son village. En 1840, une nouvelle ère s’ouvre ainsi pour les jeux de balle, car la morphologie ovoïde permet une prise en main plus aisée. Au fil du temps, l’enseigne Gilbert s’impose comme leader dans ce domaine en produisant les équipements des différentes éditions de Coupe du Monde de rugby.

 

Sur les traces du premier ballon ovale

En remontant l’histoire, les écrits nous révèlent que c’est un certain William Gilbert qui fut le premier à penser à déformer le ballon rond, alors très populaire à l’époque. Ce cordonnier de la ville de Rugby possédait un comptoir jouxtant le collège de Rugby. Il commercialisait ainsi des ballons en vessie de porc gonflée à la bouche à l’aide d’une tige en argile. Chaque vessie dictait donc la forme de l’accessoire en question. Ce qui fait qu’on ne pouvait pas tout le temps obtenir la même morphologie exacte pour chaque modèle.

C’est vers 1835 que l’idée des courbes ovales vient à l’esprit de Gilbert en supposant que l’équipement semblerait plus facile à plaquer contre le buste. Cependant, un autre homme entre en jeu et demeure à la base des spécimens modernes que l’on utilise de nos jours : Richard Lindon.

Aussi cordonnier et chausseur de la ville en ces temps-là, les jeunes étudiants lui commandent une quantité conséquente de ballons de foot. Face à cette demande, sa femme l’aide à accomplir cette tâche, mais la malheureuse meurt suite à une complication aux poumons due à une vessie de porc infectée. De là, Lindon cherche une autre méthode de fabrication et utilise des poches en caoutchouc à la place de cette matière première. Et en 1892, l’invention de Gilbert est officiellement reconnue par la Fédération.

 

 

Évolution de la maison Gilbert

À la mort de William, en 1906, c’est son neveu James Gilbert qui prend les rênes de l’entreprise et devient lui aussi un expert des gonflages de ballons. Après le décès de ce dernier, son fils James John Gilbert dirige la société et parvient à exporter les balles Gilbert dans les pays sous influence britannique tels que l’Australie, l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande puis dans différents territoires à travers le monde.

À partir de 1920, la fabrique se fait donc de plus en plus connaître internationalement. Il faut noter que chaque nation avait leurs formes et tailles de ballon préférées. L’Afrique du Sud, par exemple, avait un penchant pour les balles à 8 faces conférant une meilleure prise. Grâce à tous ces efforts, un musée est inauguré en 1987 dans la ville de Rugby : le « James Rugby Football Museum ». Après quelques années, la firme décide d’utiliser des matières synthétiques à la place du cuir. Avec l’émergence de nouveaux fabricants, les héritiers Gilbert connaissent des périodes compliquées et sont condamnés à vendre la société en 1978.

Avant la fin des années 90, la marque perfectionne ses produits. En 2002, Grays International, une entreprise britannique aussi spécialisée dans l’équipement devient l’actionnaire principal de Gilbert. Après plus d’un siècle et demi d’existence, les balles de cette enseigne occupent toujours la première place des grandes compétitions.

 

Gilbert, fournisseur officiel des Coupes du monde

La Nouvelle-Zélande et l’Australie accueillent conjointement la première Coupe du monde de rugby à XV en 1987. Cependant, le ballon utilisé pour cette grande compétition est signé Adidas. Ce ne sera qu’à partir de la troisième édition en 1995 que Gilbert commencera à y fournir le sien : le Barbarian. Une finale mémorable avec le triomphe des Springboks, l’équipe sud-africaine.

En 1999, on nous présentera le Revolution suivi par le Xact en 2003, le Synergie en 2007, le Virtuo en 2011 et le Match XV en 2015. Depuis, Gilbert demeure une part indéniable des grandes compétitions en équipant pour la septième fois la Coupe du monde avec l’édition 2019 qui se déroulera au Japon. Pour information, le leader a vendu 45 000 ballons en France et un million à l’international en 2015. Il faut débourser à peu près une trentaine d’euros pour des spécimens de compétition de la même marque et environ 150 euros pour des produits plus élaborés. Même si pour réduire les coûts les articles sont confectionnés en Inde, les modèles premiums destinés aux professionnels sont traités en Angleterre.

 

 

Une grande variété de ballons de rugby

Selon le World Rugby (anciennement dénommé International Rugby Board), le ballon doit être ovale et composé de quatre panneaux cousus et couverts de grip. La matière de fabrication peut cependant varier entre le cuir ou des éléments synthétiques semblables. Un traitement spécial peut y être apporté pour procurer à l’accessoire une bonne résistance à l’eau et pour qu’il soit plus facile à tenir en main par les rugbymen. En ce qui concerne le poids, celui-ci doit se situer entre 410 et 460 grammes.

La confection du ballon s’engage à satisfaire à la fois la fédération internationale, les pratiquants et les ingénieurs. C’est pourquoi le processus de conception d’une balle ovale professionnelle peut prendre des années, car il passe par des développements mathématiques, physiques, aérodynamiques et un test réalisé par de vrais joueurs avant de valider le prototype.  

Aujourd’hui, on tombe sur divers articles pour les compétitions, les entraînements, les femmes, les enfants. En effet, les leaders équipementiers sportifs ont créé des répliques des ballons des grands clubs et des nations, des exemplaires pour le Beach Rugby, des références pour le Touch Rugby. On peut même trouver des spécimens fantaisie ou des modèles vintage vendus par la société Demeter en Midi-Pyrénées. Ces articles, assemblés manuellement, faits en cuir de vachette ou de buffle peuvent servir de cadeau sur mesure original. Demeter a collaboré avec le Stade Toulousain, le Castre Olympique et avec d’autres grands clubs de rugby français. Malgré la dominance de Gilbert dans le monde du rugby, on voit l’apparition de nouvelles marques telles que Eden Park, Kipsta, Puma, Rockfield, BeRugBe, Mitre.

 

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